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La France insoumise et la Jeune Garde, les liaisons dangereuses
information fournie par AFP 17/02/2026 à 13:36

Raphaël Arnault le 22 janvier 2026 à l'Assemblée nationale ( AFP / Thomas SAMSON )

Raphaël Arnault le 22 janvier 2026 à l'Assemblée nationale ( AFP / Thomas SAMSON )

Figure de la Jeune Garde, le député LFI Raphaël Arnault cristallise les critiques depuis la mort du militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon, en raison de son rôle charnière entre le mouvement contesté se revendiquant antifasciste et La France insoumise.

Originaire de Lyon, le député du Vaucluse de 31 ans a co-fondé en 2018 le mouvement d'extrême gauche, dissous en 2025 par le ministère de l'Intérieur, qui l'accusait de violences.

Un des collaborateurs parlementaires de M. Arnault, Jacques-Elie Favrot, est accusé par des témoins d'avoir participé aux violences qui, jeudi soir, ont causé la mort du jeune Quentin Deranque à Lyon.

Figure de l'élargissement de LFI vers les milieux antifascistes, l'investiture de Raphaël Arnault lors des législatives de 2024 avait provoqué une levée de boucliers chez les adversaires des Insoumis.

Et même à gauche, puisqu'une liste dissidente s'était présentée contre lui avant de finalement le soutenir au second tour, où il avait été l'un des deux députés de gauche en France à ravir une circonscription à l'extrême droite.

Etaient notamment reprochés à Raphaël Arnault - un pseudonyme qu'il dit utiliser pour assurer sa protection - la fiche S dont il fait l'objet, émise par le renseignement intérieur pour recenser les individus potentiellement dangereux pour la sécurité nationale, et sa convocation par la police pour un tweet publié le 7 octobre 2023 après les attaques meurtrières du Hamas en Israël.

Dans son message, qu'il a depuis supprimé en mettant en avant une "incompréhension", il affirmait: "la résistance palestinienne a lancé une offensive sans précédent sur l'Etat colonial d'Israël".

Cet ancien militant du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a également été condamné en 2022 à quatre mois de prison avec sursis pour "violences volontaires en réunion" après avoir participé à l'agression d'un jeune de 18 ans en marge d'une manifestation d'extrême droite.

"Il s'est interposé pour défendre une manifestation LGBT attaquée par 80 néo-nazis. Aucun coup n'a été porté, on lui a reproché d'avoir fait le travail de la police à la place de la police", a affirmé mardi le coordinateur de LFI Manuel Bompard.

- "En dehors du milieu antifa" -

Les violences sont-elles consubstantielles à la Jeune Garde? C'est la question posée depuis l'émergence de Raphaël Arnault en politique.

"Même moi j'aurais peur du portrait qu'on a fait de moi", s'amusait l'intéressé, reconnaissable à ses nombreux tatouages, entre les deux tours des législatives en 2024.

"La Jeune Garde n'est certainement pas violente et lutte contre l'extrême droite", avait-il alors affirmé pendant un échange dans les rues d'Avignon avec le Premier ministre de l'époque, Gabriel Attal.

"A la Jeune Garde, on est en dehors du milieu antifa", disait-il à l'AFP en juillet 2024.

"On est une organisation antifasciste sérieuse, on a travaillé avec la CGT et Solidaires", appuyait-il, en expliquant vouloir que "tout le monde puisse s'approprier le terme +antifasciste+".

"On a dû des fois s'engager aussi physiquement, ça a été mon cas, et je ne m'en suis jamais caché", reconnaissait-il cependant en octobre 2025.

Il s'agissait de "défendre des manifestations progressistes" contre des attaques de l'extrême droite dans le houleux contexte lyonnais, précisait-il.

Pas de quoi effrayer LFI, bien au contraire.

"Ont-ils fait une seule fois l'apologie de la violence? Jamais", lançait Jean-Luc Mélenchon en avril 2025 avant d'appeler "tous les camarades Insoumis à aller se grouper derrière la bannière de la Jeune Garde" lors de la manifestation du 1er-Mai.

"Et qui sont ces jeunes gens? Des jeunes gens qui détestent le fascisme? Et bah je leur donne raison", appuyait-il.

La France insoumise, qui a condamné les violences et la mort de Quentin Deranque, se réfugie derrière l'enquête - aucune interpellation n'a encore été faite même si au moins six personnes ont été identifiées - et souligne que la Jeune Garde a été dissoute.

Mais si d'anciens membres de ce groupe sont responsables de l'agression, "ils doivent être punis", a reconnu mardi Mathilde Panot, cheffe des députés LFI.

La Jeune Garde a, elle, affirmé qu'elle "ne saurait être tenue pour responsable" de cette mort.

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